3 uc A uet i Yi. « A . Sod) d m PU TES B UR Pon A: d Sina TL E oif pg + Vae Ai ah, Hi suf nip 4 x p «----— ^ Ui aus E Le c 23 i LUE si 53 NE Hida T THE B 3E PE EM —— —— 4E À uS (c . J t H LEE EEE A SONT IEEE ra [INIT f E ie hU dirai RE 5 I e NAA RHEIN $5 MSIE. . n DU . 2 go. A e S Bere UID Eo HONTE WEG =. el . S EN i : P" En _. : Sio - EL Es SE EE EEE Pret cn ras E dme. n. Brom PACE OLA IR AA EE ar TI TIT T : a SS. CER Fn. Si Lu 0€ wn pe Nee ; Ca of ] dE HERNE TT MR NN IU SA ET TT EI AO a WV ; ——— 2 1 DU vts fp Dib "aem . — -— 0. . 0 MN re tia a ai Md ra ANN erg; € un " a im mp Dn TDI Pu VENISTI TUIS.) = e A TT We o rn A Luton: 2 ani ADEL DD a GRE m uu ME IEEE sr. po GER ae RU e a A + dun dsl AS ESS TEE E A E Dol ii, : i Ana a EC D: ^ mp ut epu AUS EELS GE EE nn RR RR nd WLR eg IERI a 1 uum NEM EL RE": Hi E EE d kc SE 2 X E M E EF A a : ] AERE GET E ; GU. X : St 1. A Ce re HD ger E Ni = €, "A P T e p = P. MEME cO- i LE S e. e a, 4 5 Figs SEE, CURA TO VE A es 5, SZ, Le ‘anses En F P. - + a LS , } dà TA. 4 i: TD SEA a » Pe aH 3 j ath E y! à B dub. . "ipe 8 " HET wr qul red 3A ^4. "f. Hio Ho BRA rg a, Sui 2 BE i eR a 23 S | di "nes 1 b: FP — - al lw Fh s A dete 31 J Puis le tisserand s'en empare, en agrandit le dessin, à la grandeur réelle, et comme il le dit, «bétement», ce qui veut dire qu'il réserve intelligemment mon intervention et préserve ma liberté de geste jusqu'au bout. Je reprends donc le dessin, sans m'étre astreint à cerner, à calquer, à mettre au carreau moi-méme, ce qui aurait refroidi et desséché le geste créateur. Le dessin reste ainsi libre de toute contrainte. Déjà en cette étape apparait le travail propre du tisserand. Le carton grandeur n'est qu'un schéma. Le tisserand n'y porte que des points de repére. Il ne s'agit en aucune manière d’une reproduction systématique à l'échelle, de la petite maquette. Les couleurs sont très vaguement indiquées par des frottis, qui ne sont que des indications d'intensité et de rythmes. Ce grand carton, si l’on peut dire, est en lui-même une préparation de Plasse Le Caisne à sa propre création: il ne s’agit pour lui que de signes à repenser, un peu comme les signes d’une partition pour les musiciens. C’est le moment où la création du tisserand s’articule sur celle du peintre. Entre temps les laines ont été teintes selon les besoins. Mais le but est toujours d'aller vers la simplification des tons. Le mélange optique de deux laines tressées mais existant dans la palette est toujours préférable à un ton supplé- mentaire. Puis les tisserands montent leur chaine sur le metier. C’est le travail de base de la creation de la tapisserie. Ces tonalités initiales de la chaine vont apparaitre en milliers de petits points sur toute la surface. Elles vont assombrir ou illuminer considérablement la tapisserie, bien que de maniére presque invisible, et elles assureront à l'ensemble son unité. C'est pourquoi le choix de la chaine est si important. Enfin la recréation éclate au moment du tissage. Par le jeu de la chaine et le travail des trames, les rythmes, les couleurs, les lumiéres sont entiérement repensées en laine. Il s’agit là d’une création pure: aucune indication n’en est portée dans la maquette. Par la variation des points, serrés, plus grands, plus épais, plus fins, l’intensité de la couleur est revécue sur le métier. Les grandes surfaces de couleurs s’animent, se mettent à vivre, à palpiter, par tous ces points, en certains endroits plus clairs, plus sombres, à l’envers d’un «remplissage systématique» des surfaces, comme il peut être aujourd’hui encore pratiqué. Parfois, au cours du travail, le morceau déjà tissé est déroulé, et nous modifions de proche en proche certains détails, certaines lumières, certains tons. ^ pr a d rema: u e Eo m be X p * AE. Ix PL, us EB “a st a. d E ME AR A DES Dee NET d EC E u$ te px TUAM NT 7 = - ny F MET. d Fi RN oet. C E Pres P my Cia wey PEN LEMMA uL. mc. A. ETCH, 5 Hc or REO” FE EM, OREL n TEE ^ c NEN MM PAD D T MOM roo UAM ME E LLL ME NE MEE HM HELD CR S: cu HIR AES A M ELIO GEM. Coo yd a RES JA UN IU "LEM MEM. T Gu MERE. AEN CPU EE ^d gr “fa. 7h. A B^ SEN ES Fe I » = | G TAPISSERIES de l'Atelier PLASSE LE CAISNE DU 7 DECEMBRE 1973 AU 6 JANVIER 1974 MUSÉE D'HISTOIRE ET D'ART - LUXEMBOURG io. A, £ i" P d Ama sg IFT ad T Pp v Fo U * MEC P tio alid ur IN XH à 7 3 EST fe ; eX or “cll 200 i T S L wo EE C CER E Mau CENE XL A" s a TM e. god. P 3 . - I T a PA Fi min A A 3 * ^" ^E: rM é te P, Pr 1d v 4 - A" E E JL ee ag AE 3 eT ho UT E 4 FM T ER d 4 A i <*> = a = Vul» - tes am QA " ^ A "b FEN © a uu a i OM Tm Fonts em 3 - _ wur EA omm ad E x^ i aM 7 15 16 La Coulée Tapisserie tissée en 1973 — 320X290 cm Théatre Municipal, Esch-sur-Alzette Epouarp PIGNON Né a Bully (Pas-de-Calais) en 1905 Plongeurs Tapisserie tissée en 1966 — 190X260 cm 17 18 Bataille Tapisserie tissée en 1967 — 185X390 cm FERDINAND SPRINGER Né à Berlin en 1907 Calices Tapisserie tissée en 1960 — 180X140 cm Une tapisserie, c’est le lent cheminement d’une œuvre qui doit échapper au tisserand et au peintre, pour vivre sa propre vie murale. Le depart: une petite maquette au dixieme. L'arrivée: une tapisserie de 50 métres carrés, Nous agrandissons fidélement, bétement, sur du papier, au mur, soit au carreau, ce que nous préférons, soit en projection, nous découvrons la démarche du peintre, nous pénétrons sa poétique. A ce moment, le peintre se trouve devant une ceuvre qui a pris sa dimension et il est à l'aise pour corriger s'il y a lieu. Alors, le vrai travail commence. Devant le dessin et l'agrandissement, nous parlons. Nous expliquons la magie du carton, sa signification, sa violence cu sa douceur, sa légèreté ou sa subtilité, les rapports et les accords de tons, ce que nous devons transposer, ce qui n’est pas traduisible, quelles sont les résonances, les dissonances, les vigueurs, les points lumineux, les passages invisibles, les épaisseurs, les matières: riches ou pauvres, soie, lin, or, chanvre ou laine, et pour finir, l'unité, le style, enfin, ce qui doit exister dans l’œuvre, la flamme intérieure qui, en puissance, dégage l'àme du peintre. Nous avons déjeuné avec notre peintre, nous avons vu deux cents toiles de lui. Nous attendons quelquefois six mois avec le carton piqué au mur de l'atelier. Puis, un jour, il y a contact. La maquette est entrée dans nos coeurs. Tout est simple. Nous pouvons commencer. À cause même de ces moments de tension et d'inquiétude, que nous éprouvons nécessairement, tout ce travail réclame entre nous de vrais moments de détente et de franche amitié, qui nous rendent plus proches à chaque expérience. Extraits d’une conference faite en 1968 au Pavillon Francais à l'Exposition Universelle de Montréal Leon Zack: Depuis des années que nous travaillons ensemble, que je donne mes projets de tapisseries à Plasse Le Caisne, et que nous faisons ensemble le choix des laines et l'agrandissement du dessin, ma pensée, ma composition et mes couleurs n'ont jamais été trahies. Au contraire, les éléments principaux du projet, aussi bien que ce qui a été à peine indiqué, devenaient plus vivants, plus forts que ce que j'avais imaginé. En dehors de l'exactitude de l'exécution du projet, j'apprécie l'apport personnel des tisserands Plasse Le Caisne. En particulier, la richesse de la surface, ce qu'on appelle le métier de leur tissage. Ici, il ne s'agit pas d'une exécution fidéle, mais d'une merveilleuse inter- prétation pleine de sensibilité. Ce sont de vrais et de grands artistes et j'éprouve pour eux une profonde gratitude. Car c'est une joie de collaborer avec eux. "sage > dre Ht i ! hd J srt " dpi Hp iH b ub PH T5 ti ey m " Bey En 0 [EM 4 ^ M pe T Sete dk cil EN . heh omnc Eu 1 "m 2e di aun NUS nas RE SEE TW P M * S Rin i pO Ed: une A M IN APRI use A At PES, iden E ui : APY HE Ce sd un Peg edi à Ey à JERE (oly TRY I A hy Wy bh | sit x ] zi » 2 Auc A vit Ahi Ee À UB t A it sas. » E A A ME A EE EN e rU De TE Lattes N AM HW HAT Br din STI rp a. ho Us Ut BEEN SEG a a I uM XE CRM BTE EUIS da Fi x pecu P 1 NM t 2 N = mE MP n 3 GRY AT elt Wb SUPERI Pu X t v B. "ELLEN O05 a 8 Wu m a e. TEL D ME 4 - H » [A . [I $e A Len À E wi | e um : - E t4 LM ER ec A + VERD ED rM I 1I ) T i bom s "n DE deck ] um ft ARCA IR] hn ^ H BH I m 2. M ^ 1 1 -- Ww Lt Wile TES ni FIN ton SR eo PN ind. iW LS 43 Hau MEE. 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E RO Ee : 4 un feted dae ipug vp Sh WU AS EE (fr ; IN WIR Yi Me ted iris snb ul c san Msn grep tet ism IM. roug Hal lb Uu E $ MEUM. di "tri dub ia lU - m Db Vi 1 D qe ae = Pd SER al Re AU hor uus x MN pot DAY My LEE bru = x! M Foon Ww d 4 Ab iL AES Che b zt bn a i m PM en meme UE, ui aut a. nir. un auus A uy fias ET, ud Ab de rit aH 6 il, nei dora A "i San n gunt n | $i He FÉ s enciende QD UD jan NN ry cies LHL ; à bsp rp Ec meines nint T. T eod Iur EM aT. GAME zi deri CARA para ut re A th age da eR : Son aE I etd ol NN Jiu | HM qs PELE A im s: + NS eH e ul BE AM ub M "E A - "-NX - Eu gm uum wl TE Wh Ho il VL Ime Ende ngu cun] nt [5r We REEL A a Eh ina YL ar HLS AE oth ^ ^u don pha hol Hi NEU ~ ST . ? EDS uus ET (a m An. ND. à . d ki nebst m ; UR . ruf P NE. NE 00 o0 080708 SH ds "oll s k i T ENEE ji, Het Es, SoH eT WE Bf gla 8i oH Pw uas. ee COUR 2E E bg eh Sie it Nh ens SRT thin » a b b E cS MEAM E ut: MAL a ie E DG AA SEC O0. CRM La SL 0 vale 5 uud WD E SUL X ^C 2B. M omn u eps: J n 4 Æ a d ME D D nm T MT ; ait A SAAL a ., x s EM. SR EL. LE Led P. . dS uat Mn TM ele E TN, GOLA. » DENM M T EO ge WE N uu $l ar INE a iso MEL E DB GEN. - Lb or "ul : ep adr ci à "once nup MH ! ^M oM emer Yoo nbs pe a SF M a 0 Iu VELA" OS A en "bs: :. foi PE SEL N a OW quur ud ^» y PELIS E nd Ld o Es, el Ms IM uo DIE oen LE » a, Wd à MELDE! ML A "M M aL MEE MERE > BE MED Apo A Nor Ar ME ca EN LUNA s ME Roo Me B^ ud I RR Pu E x us 22 EN m D. "EN IP eS V D EHE + WE | Dus b Lor EE 1 4 DE DE IP oH "uu Nu m" E A LR » PE NR EN . oo. ul DU L Ru - 65 DM A Rae NM ME DON ET. T Ju m ui V^ X MESE LEE PLE M SA ier : 45 8: . M v ^s ol ee ^ JETUTaescu e ENEMIES utu TE PM E o 0 un Tl ne A ox INDEM. STE Na RE 1 d. NUBE PW ol C 0. A [forte "NNNM. 107. DDHD TS E n SC TN AE . I ODDS RY org TE Un HL LHe T mes usd TEN N EE CEINCEDUPU ium Pu Er tulo usano IE inp eg zi GÓP aeu | WEM RUE Tn D Re RE RE Hs Gc a ipu nmm banum mo N FEES ve ALL Ful. Mite. 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Terre et Ciel Tapisserie tissée en 1963 — 300X220 cm Collection particuliere 21 22 Leon ZACK Né à Nijny-Novgorod en 1892 Aquarelle Tapisserie tissée en 1966 — 230X 150 cm Crucifixion Tapisserie tissée en 1973 (destinée au Vatican) 310X245 cm RECHERCHES DE L’ATELIER PLASSE LE CAISNE 23 Verdure, 1963 — 190X245 cm (avec La Noiraie) 24-27 Plumes, 1973* — 95X60 cm (chacune) * (24) Bouleau de neige Coeur qui s'ouvre Comme le tien, plein de triste douceur Haïkaï 32-36 28 Sceau chinois (bleu), 1959 — 143X105 cm 29 Sceau chinois (ocre), 1963 — 155X105 cm 30 Sceau chinois (rouge), 1969 — 200X200 cm 31 Phénoméne atmosphérique, 1968 210X220 cm Famines irlandaises d’apres des pierres tombales du XIII“ siecle: 32 Hommes (Ahenny), 1960 — 175X170 cm (25) Fissure de roche Et le pivert cherche un arbre mort Haïkaï (26) + À cloche-pied je saute de blanc en blanc amadouant la Destinée Haïkaï 33 Femmes (Barragher Cross) 1957 — 185 X 170 cm 34 Garçons (Kells), 1955 — 110X110 cm 35 Filles (Old Kilcullen), 1957 — 165 X 165 cm 36 Bébés (Togerston), 1959 — 110X110 cm 37 Camargue, 1950 — 115X150 cm 38 Route de Nuit, 1960 — 145 X 200 cm 27) Errant la nuit je sors d'une forét sombre lueur rose du matin Haikai de Kiokusui Dessins d’enfants: 39 Jeu de fleurs, 1969 — 235 X 180 cm 40 Les Ballons, 1970 — 170X110 cm MAQUETTES DE QUELQUES TAPISSERIES DE BAZAINE, MANESSIER. PIGNON, ZACK, ETC. Avant d’oser traduire Villon, nous avons laissé les deux maquettes deux ans au mur. © Un jour, Zao Wou-ki arrive à l'atelier avec une aquarelle encore toute mouillée au bout des doigts. Comme il est chinois, il a une indigestion de soie. Il veut sa tapisserie en laine. Pour ne pas trahir son esprit, nous l'avons tissée en lin et laine. ^ Un jour, le merveilleux Léon Zack, plein de délicatesse, de finesse et de talent, sort de son porte-feuille une carte de visite sur laquelle il a dessiné une crucifixion. Son admirable dessin informel était tellement monumental d'esprit, que nous l'avons tissé en 30 mètres carrés, sans rien y changer. Nous avons fait de trés nombreuses tapisseries avec Léon Zack, et c'est lui qui nous a forcés à trouver des moyens nouveaux en nous posant à chaque tapisserie un problème insoluble. Il nous a menés ainsi à pouvoir traduire Bazaine. Manessier et même Rouault. Nous avons à la fois trés peur et beaucoup de joie à le traduire. 2 Nous avons à peu prés raté une tapisserie sur trois. Ou bien nous les avons arrétées avant de les terminer, puis recommencées, ou bien coupées en quatre pour faire des tapis pour nos chiens. 2 Il reste tout de méme de Manessier huit tapisseries entre 30 et 50 métres carrés, les Saint Jean de la Croix (100 métres carrés) et les petites ceuvres. Cela fait en 1973 environ 500 métres carrés de grande joie et d'amitié. Sur nos metiers, la tapisserie s’enroule au fur et ä mesure du travail, et si nous restons neuf mois sur une œuvre, nous ne nous souvenons plus du début. Dérouler? Détendre? Nous continuons, et c'est en mettant l’œuvre au mur que nous savons si elle est ratée ou réussie. I| faut toujours prendre le risque. Toujours. Cela empéche la sécheresse. T Le Musée d'Histoire et d'Art exprime sa vive gratitude à Monsieur et à Madame Jacques Plasse Le Caisne ainsi qu'à tous les autres préteurs sans l'obligeant concours desquels cette exposition n'aurait pu étre réalisée. Les ceuvres qui figurent dans cette exposition étant des tapisseries d'un genre particulier, il nous a paru intéressant de demander aux réalisateurs mémes des éclaircissements sur leurs buts et leur maniére de travailler. On lira donc plus loin un texte de Jacques Plasse Le Caisne qui a le mérite de ne pas décrire seulement la démarche créatrice des tisserands, mais de bien montrer aussi le climat d'enthousiasme et d'amitié qui l'inspire, la stimule. D'autre part, on trouvera quelques témoignages d'artistes qui apportent des renseignements supplémen- taires. en disant notamment les raisons pour lesquelles des peintres comme Le Moal, Manessier ou Zack ont aimé à voir exécuter leurs ceuvres par l'Atelier Plasse Le Caisne. Ces différentes déclarations sont si révélatrices qu'il n'y a rien à y ajouter, sauf de trés vifs remerciements pour l'amabilité avec laquelle leurs auteurs les ont mises à notre disposition. J.-E. M. TEMOIGNAGES D’ARTISTES Jean Le Moal: Vers 1950, j'avais réalisé deux cartons de tapisserie se rapportant au théátre, pour lequel je travaillais beaucoup à l'époque. Raymond Cogniat, trés pertinem- ment, me mit en contact avec Jacques Plasse Le Caisne, qui se déclara tout de suite disposé à les tisser. Depuis, mes relations avec lui et son «Atelier». c'est-à-dire avant tout sa femme Bilou et sa fille Christine, sont suivies et trés amicales. Vers 1962, à l'occasion d'une exposition de mes aquarelles, l'idée nous vint de donner à l'une de ces ceuvres des dimensions monumentales en la transposant dans la laine. La chose m'intéressait d'autant plus que je savais que sous les doigts des Plasse Le Caisne la tapisserie ne serait pas un simple agrandissement, mais le produit d'une conjonction de deux sensibilités, et qu'elle garderait la fraicheur de l’œuvre créée. De fait, il y eut entre nous une véritable collaboration. Non que je sois intervenu lors du tissage, mais une aquarelle que j'avais exécutée en toute liberté a été pour les tisserands une proposition qu'ils ont interprétée avec liberté, eux aussi. Et par là méme ils l'ont enrichie. Alfred Manessier: Un jour, il y a une quinzaine d'années, mon ami le peintre Jean Le Moal me fit rencontrer un tisserand et sa femme, habitant à Paris, dont les premiéres réflexions coincidaient parfaitement avec les miennes. Ils pensaient, comme moi, que l'automatisme de l'exécution, l'habitude, la chose déjà connue et répétée mécaniquement, les trucs, les recettes du monde de la sécurité, étaient les ennemis de l'esprit de liberté; et qu'il fallait veiller à ce qu'ils ne mettent en péril l'enjeu spirituel qu'est la réalisation d'une tapisserie, comme de toute ceuvre d'art. 4 a Lu fi isd 4 ua * A qu ‘ 1 ! i^ } E - Lie Ni 3 i t. LIES 2d. i : V AK 4 M" s ) “A, & "m n v ? > A ^ CE UE ^l ris. 4 M & a V 5 ji up ; | v E , ^ » n | ako. M A. 9 Ote Wis. 5 EY b n" ufa. " | Î ih, 4 x dta Fil Imprimerie Saint-Paul, société anonyme, Luxembourg e e: ki + A, ADS pF * % ^k. Ry RN me P 4 SS „NE i + "rw Ww 15 A AT! me > Bv rie ; 7 oF um EEL eo. PA ape = us RA 2. IOTER. Ni A Lain ci^ Vh. AE TS Thigh “IF pe? Ee BR cm, MEC. a ko o^ A ^ wa ^ ap RO At "umi eamm s Me 206 OB AA m uar», x EX 455: m rx SE, ice i ne ct rm, «c Co E M B FT A A A am or M. D -— n eoe Mp i den " - a. vu me x - Yn » 4 n. ges UAR en AP. o ae cte M peto toos n oe. ooa M ur d a at A T em ? Ph ce Sa = BE BT > ly ; s — A di^ DA. o re a La JST e ERR gh HW n “ | "m & "au A Bor Peine. REA 7 = rg rr Kem? Ely ud Se a i E AA ur. Wwe ro E eter P " Ey Cn TRL AG un TE ! en ae NM ems 0700 dem b» ” ae INR I re nes Bann - % X t LIE, tow > oh d lx un XC nl t ^» — dei T. nat ete Kp A xS AE x Xx L V ud oue Wa n DE ma E 8 Ji —— % o NS E Et cT s 3 = ] 4 i REAR i a A fac en Ma. A * NEL, M BN oom UN m e d f, + «y + HC eri doe Lak ae Kim diL/ dc 2 DU e- Hc PR QE M EE ONU. UEM NU nn A » M NU M MA TT AA Ne T0 m Mh el FE d ; = Su; EI - RM M iEn "al La mns. M KM Os M pu. aiu vn. i N Luc P i a ana MEN" EA E: À i e a prn q X € wr Ad E TUS vu ELT ru $C i, oa CT $e AA ao, TA b E a E54 D ad E a I i i m HR iki "d 1 can E: W— A 7 n rd 4C HEC FA y. - a 7 . - X ) . S iue t, d did ME o LAW CRM AG 0 7 " = - ri ) mM à 1 ! un" " At » Qu NE Nl mr ^ AR Y Re bs ^ x €. 4 Ë . 22 WS ZOO ret CW, tdi m PE M. "PRG d A e "HER. DIO Avv SEE HL EP DE DEOR VE AS PRA DATI A EE NEAR AI STO TOOL VvSER URS MY Let SER LH OC KO Cd RA PAR Pr AEE RL A HL POR EA 20 tat ts RS PEERY SURAT 4 MEARS ERE) BE TE DE . i Se - um S] ss. CC 2113 X IA RI: =~ a AA GITE n CX NOME ui PERI MO. "opi JE MED E x e 2 # x » e LD > # | m 24 TAPISSERLES de l'Atelier © % "nt dis, qi m. à rd ib ur ar A I" , of ih Jm un uu e t: A N i LM H "a i in La et. i L wi % | 1 d * ^ 1 ^a ih Ei Wy LA Ji ve [ r£, m B: 1 ) 4 | b, Ca : [M E: M Rd "n Ÿ aa, ^7 À i. | Î il PLASSE LE CAISNE 4j m T ds + Lui dd uu i^e A ii 1 p AN ii da gb s ud ge i i : } Ab ki if 3 i . ado 2 $a 4 tat 4 m.s P gr P Hur P J/ i i" D AP + pei ii iat. mi | ri kii > "t d va 44 7 4 A d " Wi ig abis. eiu 1 hl i 4 i 1} # 11 md | Qi 4 e n r 3 Très souvent, nous laissons l’œuvre roulée dans un coin de l'atelier pendant un mois avant d’oser la regarder. À ce moment nous sommes, ma femme et moi, bien meilleurs juges. Dans un chantier naval, lorsqu'un bateau est mis à l'eau, les charpentiers posent déjà la quille du prochain. Lorsque nous terminons une tapisserie, nous tissons déjà le démarrage d'une autre. Pi Nous sommes incapables de nous rappeler nos tapisseries, mais nous avons gardé l'amitié profonde de nos peintres. Jacques Plasse Le Caisne 3 I A ^h. ! we f t ji ] d > p | Ki. bes SIR RUM ATDEDEN Y T ina MU a4 2 SA li, FER AP x Dv TP e it ma ; i ii. A | L. + 4 x 1 "t EA UL BAT iit og Yan X | d | UE T , 1 gu 1 AJ E» e HN k +f Xf ui | * 1 » n P a ML ad b ier [ Y | { = of HA | p b MU eu 5 rg ‘ J p. ht T , " pt gr zd n ^h ; M hé 2 i M uo ACERO m A 1 E ; dus 7 ' E 4 à) Eia i M^ wh ath 8 5 | n | T y i Y oh E. 3 d d 4 1 | i i 13 t IM 4j I b sc dl Ts B t. Nr i 1 & Aid La ? 1,4 1% a UR ja TE Md EIS (pet Nau 3 het The "TREE , au di 3 + k & d v | 1 3 m hí il Nous sommes devenus aussitót bons amis, mais pendant plusieurs années, les Plasse Le Caisne n'ont pu me traduire, et nous nous sommes contentés de pratiquer l'amitié, et de mettre nos pensées au méme diapason. Je comprenais alors lentement ce que devait étre pour eux l'esprit d'une maquette, qui est l'envers méme de la maquette conventionnelle, achevée dans toutes ses formes et ses couleurs, bien définie, triée, rangée, numérotée. (...) Afin de manifester cette difference fondamentale entre la recreation vivante d'une ceuvre, telle que la pratiquent les Plasse Le Caisne, et une exécution morte, je voudrais essayer de retracer briévement, si possible, les principales étapes de la réalisation d'une tapisserie. Nous commençons par prendre connaissance du lieu pour lequel sera conçue cette tapisserie. Nous avons toujours eu la chance de travailler en même temps que la construction du bâtiment. Ce qui fait que nous avons toujours eu conscience du volume, de la lumière de la salle, avant de commencer notre travail. Puis vient la création de la maquette proprement dite. Je ne m'impose alors aucune limitation, je ne pense surtout pas à la matiére de la laine. Ces maquettes, de petites dimensions, peuvent étre réalisées à la craie, à l'aquarelle, à la peinture à l'huile, ou bien encore en mélangeant ces techniques. Ces maquettes sont tout naturellement composées dans le style de mes peintures du moment. Il ne s'agit, en effet, en aucune maniére d'une peinture simplifiée. Cette maquette ne renonce pas aux ressources propres de la peinture, aux transparences, aux fondus, aux variations de tons et de couleurs. Elle n'est pas réalisée à partir d'un ensemble de couleurs numérotées, et dont il faudrait cerner avec précision les contours. Il ne s’agit pas pour le peintre de faire une fausse peinture, une sous-peinture pour tapisserie, ni pour le tisserand de réaliser une fausse tapisserie qui tenterait illusoirement de copier une peinture. Nous ne devons pas affadir, édulcorer, compromettre l'un par l'autre les deux arts, mais garder chacun notre liberté dans deux expressions aux moyens différents. C'est pourquoi il est nécessaire que cette premiere maquette ne soit pas trop achevée, trop compléte, trop précise: en quelque sorte figée. L'important est qu'elle soit vivante, qu'elle stimule le tisserand, qu'elle soit ouverte à son travail de recréation. Il faut donc s'efforcer de conserver à cette maquette toute sa spontanéité. "iiim h *" 1 » Be ge v y ‘ey i Ww. "VE ont E “A “A 1 a 3 id f of wl 3 t % I * dioe P T fr : € 4 jg "e i 7 a +1} UR > rd & + ü 4 + Aie ‚ve 1€ j dE 7, . a ‘@ | ^ Ladle. f fu af +’ = 18, adr" Adi, * À 1 4 tt i ih. win 7 4 4 A, A S or oH TAPISSERIES REALISEES D’APRES DES OEUVRES D’ARTISTES CONTEMPORAINS Sauf indication contraire, ces tapisseries appartiennent à l’Atelier Plasse Le Caisne JeAN BAZAINE Né à Paris en 1904 Aquarelle Tapisserie tissée en 1965 Collection particuliére — 100X230 cm N Air-France Tapisserie tissée en 1967 — 100X50 cm 9 La Joie Tapisserie tissée en 1968 — 340X340 cm vr ALBERT DUPIN Né à Toulouse en 1910 Triptyque Tapisserie tissée en 1969 — 2307165 cm (3X) GEORGES GUINOT Né à Paris en 1938 Jour d'émeute Tapisserie tissée en 1973 Collection particulière — 270X280 cm Pierre LA NOIRAIE Né à Amboise en 1909 Tétu lapisserie tissée en 1972 — 150X 150 cm JEAN LE MOAL Né à Authon-du-Perche en 1909 Rochers bretons (aquarelle) Tapisserie tissée en 1962 — 215X255 cm ALFRED MANESSIER Né à Saint-Ouen en 1911 La Nuit Tapisserie tissée en 1966 — 3007410 cm Avant l'aube Tapisserie tissée en 1966 — 185X400 cm 10 Signes (noirs et blancs) Tapisserie tissée en 1969 — 320X80 cm 11 Eclatement Tapisserie tissée en 1970 — 175X245 cm Collection particuliére 12 Numero 9 de la suite de douze tapisseries sur le theme des «Cantiques spirituels» de Saint Jean de la Croix Tapisserie tissée en 1971 — 300X235 cm Collection particulière 13 Plumes A* Tapisserie tissée en 1971 — 120X270 cm 14 Plumes B* Tapisserie tissée en 1972 — 260X180 cm * «Il y a un rapport constant, dit Jacques Plasse Le Caisne, entre les tapisseries de plumes et les haikai. Les deux Manessier, faits avant, ont trouvé leurs haikai. Les petites plumes de l'atelier (numéros 24-27) ont été inspirées par l'esprit de ces poémes que le tisserand a transposés.» (13) Lune éblouissante Pour reposer l'oeil deux ou trois nuages de temps en temps Haikai de Bashó (14) Sable doux au pied du pécheur aprés l'écume et les fonds noirs Haïkaï JACQUES ET BILOU PLASSE LE CAISNE